Relais, maîtres de poste et postillons…

« Le changement de chevaux au relais » d’après Horace Vernet © coll. Le Musée national de la voiture, DR.

… Petit aperçu des éléments incontournables dans l’organisation de la Poste aux chevaux.

Au XVIe siècle, l’organisation progressive des routes de poste décidée par l’administration royale est à l’ordre du jour. Le chevaucheur, qui assurait le trajet entre deux relais, voit ses fonctions évoluer. Il devient le tenancier d’une « Poste assise », rattachée à une ville ou à une route, véritable relais disposant d’un certain nombre de chevaux pour les messagers. Dès 1520, la dénomination de chevaucheur tenant « Poste assise » tend d’ailleurs à disparaître pour le titre de « maître de poste ». Le premier relais de la poste aux chevaux organisé est attesté sous le règne du roi François Ier.

C’est à cette même époque que l’on encourage la création de nouvelles routes de poste entre les villes du royaume. En 1584, on compte quatorze routes de poste dans le royaume de France, puis vingt-sept en 1636. Les maîtres de poste organisent quant à eux leur relais – on en compte 252 en 1584. Ils s’engagent à disposer de chevaux frais exclusivement pour les messagers royaux (ordonnance de François Ier de 1527) et obtiennent le monopole de la location de chevaux (édit d’Henri IV de 1602). Les relais appartenant à la « poste du roi » sont officiellement créés en 1597.

Au XVIIe siècle, le maître de poste qui gère le relais a nécessité à disposer d’un personnel spécialisé et permanent, en général des valets d’écurie, pour accompagner les messagers, voitures et autres voyageurs au relais suivant.  Le postillon est un de ses personnels. À l’origine, il est chargé de conduire – au galop par privilège royal – le « courrier » – l’homme chargé du transport des dépêches – de la poste aux lettres, qui circule nuit et jour, d’un relais à un autre – généralement distant l’un de l’autre des fameuses sept lieues – sur une des routes de poste. À destination, il revient à son relais de départ, « haut-le-pied », c’est-à-dire à vide, avec le cheval du courrier.

Devenant incontournable dans les relais, la profession de postillon se développe, selon l’importance du relais et le développement des postes aux chevaux. En 1763, on compte 4.000 postillons, puis près de 7.000 en 1790, et 8.000 vers 1840. Le postillon, âgé d’au moins 16 ans pour postuler à la charge, engagé sur recommandation, exerce jusqu’à l’âge de 40 ans en général et arrêtera, marqué par le métier et les conditions de travail. Il est le plus souvent originaire du pays du relais qui le recrute – il connaît mieux le terrain – et change peu de relais durant sa carrière. Dès le dernier quart du XVIIIe siècle, le postillon porte un uniforme, signe du pouvoir central et prestige de l’emploi. La sécurité est également à l’ordre du jour dans les postes royales de l’ancienne France, avec les célèbres bottes de postillon, les « bottes de sept lieues » – que le petit Poucet rendra célèbres. Ces bottes fortes seront d’une protection efficace dans les accidents, attachées au cheval et protégeant le postillon qui se glisse difficilement dedans. L’ultime attribut est le fouet, qui sert à mener les attelages, mais aussi à faire place au courrier ou à se faire annoncer à son arrivée au relais.