Notes sur Fontenay-sur-Loing

L’ancien pont romain et l’arbre de la liberté © coll. relais de Fontenay, DR.

Pour son premier bulletin municipal paru en 1991, René Alaux, maire de Fontenay-sur-Loing et conseiller général de Ferrières-en-Gâtinais, avait demandé à Madeleine Fouché la permission d’y insérer en introduction les notes sur Fontenay qu’elle avait dédiées au Conseil municipal en 1983. Madeleine Fouché avait accédé à cette requête. Nous vous reproduisons ici ces notes relatives au relais de Poste de Fontenay-sur-Loing, site retenu parmi les 103 sites de la 2e édition du Loto du Patrimoine.

La proximité du Loing, guéable en plusieurs endroits et celle de Ferrières, riche en eau ferrugineuse, dut de toute antiquité retenir des populations gauloises vivant de pêche et du travail du fer.

La présence romaine est prouvée en maints endroits de la région : amphithéâtre et thermes de Montbouy et plus près de Fontenay, la ville balnéaire de Aquae Segetae (près de Sceaux du Gâtinais) pour ne citer que ceux-là. À Fontenay même, un pont romain appelé jadis pont de César comme celui de Dordives, permettait la liaison Sens-Orléans par le chemin de César qui fait de nos jours la séparation des deux départements : Loiret et Seine-et-Marne.

Le pont – Quoique rompu et reconstruit plusieurs fois au cours des siècles, il avait conservé, jusqu’en 1944, du moins au-dessus de la rivière, sa structure de pont romain aux nombreuses petites arches rondes. À l’origine, il en possédait, dit Dom Morin, 120 et se prolongeait au-dessus des prés, bien au-delà de la rivière, ses arcades diminuant progressivement de hauteur jusqu’à rattraper le niveau du chemin conduisant à Château-Landon par Nargis. La dernière était encore visible sur le bas-côté de la route à l’époque de la deuxième guerre mondiale. En 1944, il fut miné par les Allemands, sauta et fut remplacé après la guerre par le pont actuel. L’énorme platane qui se trouve à l’entrée du pont est un survivant des nombreux « arbres de la liberté » plantés en 1848.

La mutatio – La voie romaine, la rivière et son pont formaient un lieu stratégique que les Romains ne pouvaient manquer de surveiller, aussi avaient-ils installé à Fontenay une « mansio » (logis d’étape) ou plus probablement une « mutatio » c’est-à-dire une sorte de relais de poste occupé militairement avec dépôt d’armes et de chevaux. Le souvenir en était conservé par la porte romaine qui existait encore, il y a quelques années entre les maisons portant les n°18 et 20 de l’avenue de la République (ex. n°7). Un camion entrant dans la cour ayant abimé le haut de cette porte, on préféra la démolir plutôt que de la réparer, faisant ainsi disparaître à jamais un témoin historique.

Le village – Au Moyen Âge et dans les temps modernes jusqu’au XVIIIe siècle, Fontenay fut un village de « compagnons de rivière » comme l’indique Dom Morin. Le Loing, avant la création du canal, était en effet plus ou moins navigable malgré ses crues saisonnières, son peu de profondeur et ses nombreux moulins. On y faisait du flottage et des transports en bateaux à fond plat. Un port existait à Fontenay.

Vieille église de Fontenay : un charmant petit dessin en était conservé
dans une famille du pays © coll. Philippe Fillol, DR.

Le village, tapi au pied de la colline, se groupait autour de sa vieille église au porche obscur, au grand toit de tuiles tombant d’un côté presque jusqu’à terre. Un charmant petit dessin en était conservé dans une famille du pays. Le presbytère s’ouvrait par une porte de pierre sur la petite place devant l’église limitée par le ru Saint-Victorin et comprise actuellement entre la voie du chemin de fer et le lavoir communal. En aval, le ru faisait tourner un petit moulin avant de passer sous la grande route et se jeter dans le Loing. Il fait partie maintenant d’une propriété privée.

L’établissement de la voie ferrée vers 1860 fit abattre l’église et reporter le cimetière qui l’entourait au-delà de la voie à flanc de coteau. Il y avait deux auberges : Saint-Nicolas qui occupait les bâtiments correspondants au n° 20 actuel de l’avenue de la République, c’est-à-dire la très ancienne « mutatio » romaine dont il a été question plus haut, et la « Croix Blanche » dont l’emplacement est inconnu.
Les fourches patibulaires (le gibet) se dressaient au sommet de la pente qui domine le passage à niveau de façon à être vues et de la route royale Paris-Lyon et de la route joignant celle-ci à Ferrières (le chemin du Castel actuel).

[À suivre]